
La carrière en compétition de la BMW 635 CSi s'étend sur près de 10 ans et débute avant même l'ère du Groupe A. Homologuée en Groupe 2 en 1980, en remplacement de la vénérable CSL (E9), l'élégante berline-coupé s'impose rapidement sur les circuits européens. Aujourd'hui encore, elle reste une arme de choix en compétition historique, comme le prouve chaque saison le V de V Sports.
Du Groupe 2 au Groupe A : trois titres européens et un triplé à Spa
L'histoire sportive du coupé 635 commence en 1980. Cette année-là, BMW Italia finance l'équipe Racing Corporation Vienna, qui engage une 635 CSi au Championnat d'Europe des voitures de tourisme (ETCC). Harald Neger, Heribert Werginz et Umberto Grano s'y imposent à 4 reprises et posent d'emblée le modèle en outsider crédible.
La consécration suit vite. Sous la bannière d'Eggenberger Motorsport, le duo Helmut Kelleners – Umberto Grano offre à la 635 CSi deux titres ETCC consécutifs, en 1981 puis en 1982, la saison 1981 se soldant par 5 victoires en 8 courses. Dieter Quester complète le triplé en 1983 en décrochant à son tour la couronne continentale.
Le passage au Groupe A n'entame en rien cette domination. Quand la FIA rebat les cartes en 1982 - le Groupe 2 réclamait 1 000 exemplaires de série, le Groupe A en impose 5 000 produits en douze mois -, BMW continue de faire évoluer sa berline. Alpina et Burkhard Bovensiepen prennent en charge la préparation du six cylindres M30 de 3,5 litres, désormais crédité de 290 à 310 chevaux. Les résultats tombent aussitôt : 1983 marque non seulement le titre de Quester, mais aussi la première des trois victoires du modèle aux 24 Heures de Spa (1983, 1985 et 1986). La 635 CSi ajoute encore deux succès aux 24 Heures du Nürburgring (1984 et 1985). Le grand coupé est entré dans la légende du tourisme.
« Le Coupé 635 nous a procuré le plus vif plaisir de conduire, tant sa perfection est manifeste dans tous les domaines. »
Pierre Dieudonné, essai Auto Hebdo, 1983
Une arme idéale pour la compétition historique et le V de V Sports
Aujourd'hui, les BMW 635 CSi animent régulièrement les grilles historiques. C'est le cas en V de V Sports, avec l'exemplaire engagé par Châteaux Sport Auto : une version de 1979, préparée en Groupe 2, qui s'est imposée au général des 6 Heures de Barcelone V de V Sports en 2023.
Quels sont les atouts de ce coupé de gentlemen-drivers ? « C'est une voiture qui n'est pas aussi physique à emmener que ce qu'elle laisse penser, explique Matthieu Châteaux. Elle est puissante mais relativement facile à exploiter. Nous avons fait le choix d'une préparation Groupe 2 pour notre exemplaire, car cela laisse plus de liberté que l'homologation en Groupe A. »
Les voies élargies en sont le signe le plus visible et permettent à l'Allemande de s'affranchir un peu de la ligne de série. « Ce n'est pas qu'esthétique : cela apporte aussi des vitesses de passage en courbe plus élevées. »
« La BMW 635 est puissante mais relativement facile à exploiter. »
Matthieu Châteaux
La voiture, qui présente aux 1 000 km de Navarra et aux 2 Tours d'Horloge 2026, est entièrement dédiée à l'exercice de l'endurance. « Depuis 2020, nous l'engageons exclusivement sur des courses d'endurance. Pour cela, nous avons renforcé certains éléments et optimisé les autres. Le système de maintien de roue est passé à l'écrou central, et la lubrification comme le refroidissement de la boîte et du pont ont été revus pour tenir la distance. » Avec un régime moteur défini en amont de chaque course pour tirer le meilleur des six cylindres de 3,5 litres, la 635 CSi conjugue puissance, couple, fiabilité… et plaisir.
BMW 635
3 titres ETCC consécutifs (1981-1982-1983) et 3 victoires aux 24 Heures de Spa-Francorchamps (1983, 1985, 1986).
350 ch pour 1 180 kg : la fiche de la 635 CSi de course en 1983 (contre 1 460 kg et 218 ch pour la version de série).
Près de 10 ans de carrière en compétition, d'une homologation Groupe 2 jusqu'à la fin des années 1980.





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