
L’année 2026 marque les 50 ans des débuts de la Renault Alpine A442 aux 24 Heures du Mans. Début 1976, le pari d’y faire triompher un V6 turbocompressé semblait encore très ambitieux, cette technologie n’ayant alors rien prouvé dans une compétition de ce niveau. La fiabilité et le temps de réponse à l’accélération se présentaient comme deux obstacles difficilement surmontables pour l’imposer dans la course la plus exigeante au monde.
Il y a 50 ans, Renault et Alpine revenaient officiellement aux 24 Heures du Mans avec l’ambition d’imposer la technologie du moteur turbo dans la plus grande course d’Endurance au monde. Cette première tentative, en 1976, se soldait finalement par l’abandon de l’unique voiture engagée, mais le potentiel du prototype A442 avait été démontré par la pole position et le meilleur tour en course réalisé par Jean-Pierre Jabouille. Si Porsche imposait finalement le turbo dès 1976, Renault et Alpine parvenaient à terrasser leur grand rival allemand en 1978, à l’issue d’une course mémorable.
Le circuit Paul Ricard a joué un rôle déterminant dans la réussite du programme des A442 et A443. Entre 1976 et 1978, les voitures y ont multiplié les essais privés, aux mains des meilleurs pilotes français du moment : Patrick Depailler, Guy Fréquelin, Jean-Pierre Jabouille, Jean-Pierre Jarier, Jean-Pierre Jaussaud, Jacques Laffite, Henri Pescarolo, Didier Pironi, Jean Ragnotti, Patrick Tambay.
Le choix du site ne devait rien au hasard. La météo y est souvent clémente, même en hiver, et surtout, le tracé dispose d’une caractéristique unique en Europe pour un circuit permanent : une ligne droite suffisamment longue (1 800 mètres) pour simuler les contraintes des Hunaudières au Mans.
C’est notamment dans la ligne droite du Mistral qu’a été testée la fameuse bulle en plexiglas, une solution destinée à améliorer l’aérodynamisme afin de gagner 5 à 6 km/h en pointe pour atteindre les 360 km/h. Après les essais au Paul Ricard, certains pilotes l’adoptèrent, d’autres non, en raison de la température infernale régnant dans l’habitacle. Si Didier Pironi et Jean‑Pierre Jaussaud en démontrèrent l’avantage en remportant les 24 Heures du Mans 1978, ce succès se fit au prix d’un malaise à l’arrivée pour Pironi.
Retour au QG du Paul Ricard
Cinquante ans après le début de cette campagne victorieuse, trois Renault Alpine A441, A442 B et A443 feront leur retour sur le circuit où elles ont le plus roulé : le Paul Ricard, à l’occasion des 2 Tours d’Horloge. Une A441 sera présentée par Jean-Charles Rédélé (interview ci-dessous), tandis qu’une A442 B et une A443 le seront par The Originals Renault – La Collection.
Les trois voitures feront des démonstrations en piste et seront exposées au public dans le paddock. Alain Serpaggi, qui avait participé aux prémices de ce programme dès 1973, en développant les barquettes à moteur 2 litres atmosphériques A440 et A441, sera présent. En piste, il sera accompagné de Victor Jabouille et de Julien Saunier.



Recent Comments