Eric Van de Vyver : « Je peux compter sur le soutien de nombreuses équipes »

Après avoir traversé un automne compliqué, V de V Sports est heureux de lancer officiellement sa saison 2019. Eric Van de Vyver, son fondateur, revient sur les évènements qui ont marqué ses derniers mois, et nous détaille le menu de la prochaine campagne qui s’annonce encore plus intense que les précédentes.

 

Les semaines qui viennent de s’écouler ne semblent pas avoir été de tout repos… Vous attendiez-vous au retrait de votre partenaire pneumatique qui rejoint aujourd’hui un championnat concurrent ?

J’ai été très étonné du coup de poignard de certains « partenaires ». Cela fait 28 ans que je suis organisateur et nous avons trouvé une formule qui fonctionne. Il y avait encore des choses à améliorer, nous avions pas mal de LMP3 et nous nous étions engagés auprès des équipes à modifier tout ce qui n’allait pas. Nous nous sommes rencontrés à Estoril et elles semblaient assez contentes. Ce fut donc un coup de massue de la part de « mes partenaires », cette annonce de nous quitter avant cette fin de saison ! Je n’ai pas bien compris au début, mais j’ai saisi ensuite que le monteur de pneus voulait tout simplement faire la même chose que V de V Sports. J’ai pu heureusement compter sur le soutien professionnel et familial. De nombreuses équipes me soutiennent aussi pour avancer. Voilà pourquoi je reste combatif. C’est incroyable ce qu’il se passe aujourd’hui en sport automobile. En tant qu’organisateur, mon rôle est de faire le lien entre les différents intervenants pour corriger ce qu’il faut, si besoin. Autour des pneus, par exemple, pour qu’ils soient plus endurants, plus performants, plus agréables etc. Mais si un marchand de pneus badgé devient organisateur, le concurrent ne peut que faire avec et, s’ils ne sont pas bons, en gros, la boucler…

Vous êtes cependant parvenu à retomber sur vos pattes en trouvant auprès de Dunlop et ORECA de nouveaux partenaires. Expliquez-nous leur rôle.

Dunlop est le leader de la catégorie LMP2 depuis plus de 6 ans maintenant malgré une concurrence féroce. Les pneus dont nous disposerons sur les LMP3 en seront dérivés. Ils sont performants, comme en témoignent les nombreuses victoires. Dunlop est donc très confiant de pouvoir proposer un produit à la fois agréable, résistant et performant. ORECA fournira les pneumatiques et en assurera le montage et l’équilibrage sur les circuits. Nous sommes en train de travailler pour organiser des séances de tests durant l’intersaison, et les équipes qui ne pourraient y prendre part auront la possibilité de profiter d’une journée d’essais le jeudi avant la première manche à Barcelone. Quoi qu’il arrive nous développerons un bon pneu. J’ai totale confiance. Dunlop, ils savent faire ! ORECA, continuera aussi à assurer comme avant un support technique pour les LMP3 et les Formule Renault, mais également sur d’autres autos. Je souhaite bénéficier du sérieux d’ORECA afin d’étendre les contrôles techniques.

Quelles seront les grandes lignes du Challenge Européen Endurance LMP3/GT/Tourisme/PFV en 2019 ?

Pour l’évènement, nous continuerons à faire courir les GTV avec les LMP3 et les PFV. Nous autoriserons les premières à bénéficier de performances modifiées dans l’excellente catégorie GTV1. Cela permettra de se rapprocher des PFV et d’observer une belle bagarre entre tous les types de voitures qui composent le plateau. Nous trouverons des solutions pour qu’elles puissent jouer le chrono et même le scratch. L’idée n’est pas de faire gagner les GT en pénalisant les LMP3, mais que tout le monde ait sa chance. Ce serait sympa qu’un jour une LMP3 l’emporte, et un autre une GT. Les dernières générations de GTV1 sont très rapides. A l’image de la Renault R.S.01, il conviendrait de modifier l’impact aérodynamique, modifier les réservoirs… On y travaille.

Avez-vous confiance de pouvoir attirer suffisamment de concurrents pour constituer un plateau attractif ?

Il est évident que les évènements ont retardé la décision de certaines écuries qui alignent des LMP3. J’avais pas mal de demandes, mais avec ce qu’il s’est passé, ils ont préféré temporiser pour voir ce que chacun propose. C’est finalement une mauvaise image pour les LMP3, car nous avions un beau championnat – il y en avait 16 à Estoril, et il faut savoir qu’il n’y en a pas tant que ça en Europe -, de nouvelles écuries étaient venues prendre la température, avaient été séduites, et ceux qui voulaient franchir le pas sont maintenant en observation. C’est idiot d’avoir cassé un championnat qui fonctionnait. 2019 promettait d’être un grand cru. Maintenant c’est à nous de redresser la barre, et je sais que je vais pouvoir compter sur des écuries qui me connaissent et me font confiance. C’est un peu dur en ce moment, mais les choses sont en train de se retourner.

Vous annoncez également le retour des prototypes CN du Challenge Endurance Proto V de V. Expliquez-nous ce que sont les protos Revolution ?

Il s’agit d’un nouveau prototype présenté à Silverstone – lorsque nous étions à Estoril, justement – doté d’un châssis carbone et un look novateur, propulsé par un moteur V6 de 330 chevaux pour 700 kilos, qui roule en Dunlop, et qui coûte environ 100 000 €. A la vue de son tarif, ce sera une auto très attractive, car il faut baisser les prix. Si on arrive à revenir à des budgets de 6-7000 € par pilote et par course, ça commence à être intéressant. Mon idée est de mixer ces Revolution avec des CN, peut-être des Radical, également d’autres voitures et pourquoi pas les Funyo Endurance puisque c’était prévu. Le format sera différent puisqu’il s’agira de courses de 3 heures, à un ou deux pilotes, avec deux à trois heures d’essais libres et un train de pneus unique pour baisser les coûts. Ce sera l’un des challenges de Dunlop. Le pilote Gentleman sera chargé de la qualification et de prendre le départ, et ce sera ensuite au Pro de gérer sa gomme en fin de course. La référence sera la Revolution, et on aménagera les performances des CN pour qu’elles soient au niveau performance/prix. On commencera à Magny-Cours, car il n’est pas certain qu’à Barcelone suffisamment d’équipes soient prêtes.

On le sait, le VHC est une discipline chère à votre cœur. La saison 2019 sera-t-elle aussi attractive qu’elle l’était en 2018 ?

On ne change pas une formule qui marche. Ce que l’on a proposé l’année dernière a plu à tout le monde. J’ai donc prévu deux séances d’essais libres de 45 minutes, une qualification de 20-30 minutes et deux courses d’une heure. Cela s’appliquera pour les courses françaises à Magny-Cours, sur le Circuit Paul Ricard, à Dijon et au Mans. A Navarra, j’organise une course de trois heures avec ravitaillement et trois heures d’essais. Les concurrents veulent revenir à une notion d’endurance.

Les monoplaces assureront elles aussi le spectacle. Comment cela se profile sur ce front ?

Les teams sont partagés entre les autres et nous. On sait qu’ils font du lobbying en promettant des choses impossibles. Si je n’ai pas assez de concurrents, nous serons obligés d’annuler ce challenge, mais mon souhait c’est bien sûr de continuer. Certaines équipes qui alignent des LMP3 veulent également amener des monoplaces, et le salut viendra sans doute de là. J’ai aussi échangé avec Formula Motorsport ou TS Corse qui me font confiance. On reviendrait à un format similaire à 2017, et comme certains viennent de loin, j’autoriserai de nouveau qu’ils louent le circuit pour rouler le mercredi ou le jeudi avant les meetings. Tout ce que nous souhaitons, c’est que les gens soient contents, et je pense qu’on va y arriver.

Les Funyo ayant choisi de voler vers d’autres cieux, seront-elles remplacées par une ou plusieurs catégories ?

Nous aurons déjà le TCR à Barcelone, au Castellet, à Navarra et à Estoril, et nous avons d’autres demandes de différentes séries. Je suis déçu de perdre les Funyo, car c’est un championnat que j’ai créé il y a 15 ans, et que j’aimais beaucoup… C’est un plateau qui marchait bien, et le repreneur de Funyo constructeur a souhaité organiser lui-même son propre championnat. Quand je vois l’orientation qui a été prise, que les concurrents sachent que ce ne sera pas comme chez nous. Je ne comprends pas, mais que faire ? Je laisse les équipes et les pilotes décider. Tant que j’arrive à faire venir du monde et que les plateaux sont intéressants, les gens s’y retrouveront.

Sur quels partenaires, enfin, pouvez-vous d’ores et déjà compter ?

Dunlop sera le partenaire principal, nous aurons toujours les montres Charriol et ORECA, de nouveau, nous aidera sur la distribution de pièces. Je suis par ailleurs en train de changer la philosophie du staff V de V et un ou deux associés vont sans doute me rejoindre. Des personnes qui connaissent bien le sport automobile et qui croient fermement en ce que fait V de V. Ils m’aideront dans bien des domaines, et c’est grâce à eux que je pourrai continuer.

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